Le 25 novembre 1970, après l’échec de son coup d’État pour rétablir le Japon traditionnel et son indépendance, Yukio Mishima se suicidait par seppuku – l’antique tradition des samouraïs pour mourir dans l’honneur. En lien de la photo de couverture, vous pouvez découvrir « Yukoku », court-métrage remarquable de #Mishima, sur «les rites de l’amour et de la mort» pour le guerrier et sa femme (en bas à droite de l’image d’en tête).

saint-sebastien

Deuxième extrait de mon essai «Pour un retour politique et spirituel de la jeunesse», sous titre : «Voyage initiatique à l’Abbaye de Notre-Dame-des-neiges» (pages 60-61) qui sortira prochainement (mai 2016) :

(…) «C’est assis dans un recoin inondé de livres, que je vins à rêvasser… sur tout cela, sur l’instant présent, et sur un auteur qui se jeta dans mon âme, et l’emprisonna avec lui dans les tourmentes : Mishima. Ce samouraï-paysan francisé et anglicisé qui incarna, par le suicide, le jet meurtrier et sublime, de la tradition Japonaise. Il fut selon moi l’expression parfaite d’une civilisation mourante, magnifiant par la force et l’honneur de son sang, sa propre mort. Mishima était cet être occidentalisé, qui trouva dans la sagesse helléno chrétienne de la France et de l’Angleterre, la substance pour renouer avec ses propres racines. Et c’est lors d’un coup d’État perdu d’avance, qu’il sacrifia sa chair pour un Japon perdu à jamais. Son seppuku fut celui du Japon. Je garde à l’esprit son héritage, sa force, son esthétisme : sa photographie imitant Saint Sébastien m’obsède ; son court-métrage « YUKOKU » aussi. « La voix du guerrier est l’acceptation de la mort »10, c’est cette voix antique qui hante notre avenir et que l’esprit et le corps des héros portent sur eux en filigrane. La flamme incandescente des ferveurs millénaires nous le rappelle souvent par l’expression des grands hommes.

Il y a dans la tradition, un flux continu de spiritualité. Cette source délicate est telle, qu’une once de dénaturation la stérilise. Le respect de ses codes, n’est finalement que l’écoute des échos de son âme. Cette écoute est une science qu’une vie d’homme peine à suffire à son enseignement. C’est à cette écoute que des hommes comme Mishima et d’autres assaillis de modernité renouent avec le cœur de leur substance d’être charnel ; c’est à dire d’être d’une civilisation.»